Infirmière diplômée depuis 4 ans, ma route a croisé celles de nombreux autres soignants avec qui j’ai pu échanger idées et expériences toutes plus riches les unes que les autres.

Mes études effectuées en Belgique, mon pays natal, m’ont emmenée jusqu’au Liban puis en Suisse où je suis désormais installée. De ma profession et de ces rencontres, sont nées des réflexions diverses sur le sens de mon métier et la place qu’il occupe dans la société d’aujourd’hui.

J’ai du très vite faire face à un constat : une sorte de décalage existe entre notre vision des choses en tant que soignant et ce que les soignés perçoivent. J’ai effectivement remarqué un manque d’information ou une mésinformation chez une partie de mon entourage qui connait peu le métier d’infirmier. Notre ère mettant pourtant en avant certains domaines de profession au travers de la télévision ou du cinéma, mais en gomme malheureusement trop souvent certaines réalités peu reluisantes. Je suis convaincue que ces « oublis choisis » par la société ainsi que le passé de « bonnes soeurs » qui nous colle toujours à la peau au 21E siècle induit des conséquences plus néfastes que l’on imagine sur notre profession.

En étant tantôt stagiaire ambulancière, tantôt infirmière à domicile dans un grand groupe puis infirmière pour un pool (équipe de remplaçants dans pas moins de 40 services différents), les discussions avec des collègues étaient très fréquentes, quasiment quotidiennes. Tous ne s’expriment pas de la même façon et n’ont sûrement pas le même avis mais j’ai ressenti chez chacun d’eux un besoin énorme de partager leurs vécus de situations de soins et leurs embûches journalières dans l’exercice de leur métier. A tel point que je me suis demandé pourquoi nous cherchions tant à trouver du soutien parmi nos collègues. J’ai été moi-même confrontée plusieurs fois à des personnes de mon entourage qui ne semblaient pas comprendre ce que je vivais dans ce job, ou des connaissances qui, sans doute par peur de devoir entendre certaines histoires trop difficiles, préféraient ne pas en parler avec moi. Et je ne blâmerai jamais quiconque cherche à prendre de la distance par rapport à cela ; je pense simplement qu’une bulle mystérieuse s’est créée autour des soignants et que celle-ci n’est pas forcément bénéfique à notre métier.

Au mois de mars 2017, j’ai pu échanger longuement avec des patients « jeunes » en fin de vie (puisque la moyenne d’âges des patients hospitalisés est souvent très élevée – 80 ans -, les soignants ont tendance à qualifier des patients de 55-75 ans de « jeunes patients »). Ces moments touchants m’ont permis d’entamer cette grande remise en question de mon travail. Chacun à leur manière aura tenté de me convaincre de ne pas effectuer mes choix dans un ordre préétabli. J’avais en effet plutôt imaginé de voyager plus tard dans ma carrière, après que formations et longues expériences aient été bien abouties. Mon idée de départ – une simple pause de 6 mois dans ma carrière – ne me plaisait pas pour plusieurs raisons. J’avais d’abord peur de revenir travailler après un long break et de retrouver mon métier dans le même état que je l’avais laissé, voire pire. J’ai ensuite trouvé frustrant de réaliser que je ne pouvais guère y faire concrètement. Enfin, en raison sans doute de mes côtés humaniste et rassembleuse dans tout ce que je fais, je voulais que ces voyages ne servent pas que mon intérêt personnel.

Voilà comment le projet NARSA est né, au terme d’une bonne année de cogitation et sondage auprès de mes proches et collègues.

« Narsa » est la traduction littérale du mot « infirmier » en népalais.

Objectif n°1 : nar-said

Je propose d’être « une voix » destinée aux infirmiers dont je croise la route : ils peuvent s’exprimer soit anonymement, avec ou sans publication, soit publiquement dans des interviews, écrites ou filmées, soit par le biais de supports plus insolites (dessins, photos de leur quotidien, etc). Vous retrouverez tous les contenus publiés sur la page d’accueil ainsi que sur la page Facebook.

Objectif n°2 : nars-aid

Au travers des articles, les soignants ont la possibilité de découdre certains stéréotypes et d’expliquer des sujets de manière claire à la population. J’espère toucher un public varié et en particulier les jeunes, dans l’espoir de susciter, pourquoi pas, quelques vocations…

Objectif n°3 : nars-id

Je cherche à mettre en avant les idées et initiatives positives concernant le métier d’infirmier, en gardant comme but principal de préserver certaines valeurs de base (humanitude* – empathie – impartialité – respect de la personne et de ses convictions).

Vous êtes infirmier ou soignant et désirez participer au projet ? Je vous invite à vous rendre sur la rubrique enquête via laquelle je récolte votre avis et m’intéresse à votre vécu professionnel (anonyme). N’hésitez pas à consulter la carte pour suivre mon parcours et participez si vous le souhaiter avec un don financier. Contactez-moi sans tarder si mon itinéraire prévoit un passage dans votre région !

*pour en savoir plus, cliquez ici. Retrouvez toutes mes sources dans la rubrique liens.

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